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30 avril 2021
Il y a quelques années, Nice, comme les autres villes partout en France et dans le monde, faisait la chasse aux tags. Aujourd’hui, les graffitis sont de véritables œuvres d’art réalisées par des artistes reconnus ou par des graffeurs virtuoses. Des fresques murales sont même commandés par la municipalité pour chasser le gris de la ville et pour rapprocher l’art du grand public.

Après des débuts underground dans les années 80, le street art a connu un développement mondial et une reconnaissance comme un art à part entière avec des artistes comme Basquiat et Keith Haring à l’origine du mouvement ainsi que Banksy (le plus reconnu) suivis de Kaws (mêlant culture pop et street art), Shepard Fairy (Obey), Bordalo (street art à partir de déchets recyclés), Mobstr (artiste engagé), Stik, Jonone… Au niveau national, on retrouve JR et Invader, Bando (celui qui a fait venir le graff en France depuis les USA), Jef Aerosol (le premier), C215 (spécialiste du pochoir), Miss. Tic, Mr Shiz, Mr Brainwash, Blek le Rat, Speedy Graphito, Roti…

A Nice, la politique pour le street art a pris un nouvel essor il y a environ 3 ans, à l’initiative de l’adjoint à la culture, Monsieur Robert Roux, passionné de street art, d’art urbain et d’art contemporain. Ce dernier a mobilisé les talents de l’excellent graffeur Niçois, Thomas Debatisse alias Otom qui rassemble, en outre, de nombreux autres artistes graffeurs dans son sillage notamment via son association spécialisée en culture urbaine (graff, bmx, musique, danse…), « Whole Street » qui compte plus de 15 artistes.

1 - Le pionnier et père fondateur du street art : Ernest Pignon-Ernest , un niçois !

S’il est un artiste mondialement connu et apprécié dans le domaine du street-art, c’est bien Ernest Pignon-Ernest ! Né à Nice en 1942 et travaillant à Paris, il est en effet considéré comme le précurseur de l’art urbain en France et aujourd’hui une figure incontournable et populaire de la scène artistique nationale.

Souvent décrit comme un humaniste, un rebelle et un artiste engagé, il s’est illustré, dès les années 60, par ses affichages sauvages dans les rues de Paris. Aujourd’hui encore, il reste un artiste insatiable dans son désir de placarder sur les murs les « violences qu’on inflige aux hommes ». Ses œuvres sont en général réalisées au fusain ou à la pierre noire. Certaines de ses réalisations, comme les « Fusillés de la Commune » ou le « Rimbaud vagabond » reproduit à des milliers d’exemplaires, sont devenues de véritables icônes des temps modernes. 

Cela fait maintenant cinquante ans, qu'Ernest Pignon-Ernest stigmatise, avec force et poésie, des corps à échelle réelle, travaillés d’après des modèles vivants et les affiche dans les rues du monde entier !  (Photo ci-contre : @Site officiel Ernest Pignons-Ernest).

Même s'il n'y a aucun graff de lui sur les murs de Nice, nous ne pouvions démarrer ce sujet sur le street-art sans évoquer le grand maître international de l'art urbain ! Vous pourrez néanmoins apprécier son immense talent dans la station de tramway Garibaldi où une imposante sculpture, signée Ernest Pignon-Ernest, trône majestueusement. L'oeuvre s'intitule "Pépin, la déesse et la mer" et reflète la riche histoire de Nice. Il s'agit là d'une représentation de la déesse Niké (dont la ville de Nice tire son nom), inspirée de la Victoire de Samothrace exposée au Louvre. Sur l'épaule de la déesse, le jeune Joseph Garibaldi en tenue de pécheur toise, de son regard, les passants et les voyageurs. Derrière l'oeuvre, des écrans diffusent, en direct, une image de la sortie du port.

Le Musée d'Art Moderne et d'Art Contemporain (MAMAC) de Nice a consacré, en 2016, une exposition à Ernest Pignon-Ernest dont la rétrospective est consultable en ligne.

Poursuivez la découverte sur l'artiste : https://pignon-ernest.com/  ou sur le site du MAMAC

 

2- Gaïa et ses papillons

« Gaïa et ses papillons » contemplent les promeneurs et les automobilistes depuis décembre 2017, sous le pont de Fabron, face à la sortie de la Voie Mathis.
fb@otomartist

Cette superbe représentation de la déesse de la mythologie grecque offre ici une réflexion sur l’environnement, reflétant les préoccupations écologiques de son auteur. Entourée de papillons et coiffée d’une couronne de fleurs, la belle Gaïa sourit à la vie et apporte couleurs et gaieté à cette rue très passante, à deux pas de la Promenade des Anglais.

Moitié Pop culture, moitié BD, cette première fresque de street-art pérenne et légale de Nice est une commande de la Ville et l’œuvre du graffeur niçois virtuose Otom. Les directions de territoire de la ville de Nice possèdent en effet un budget participatif destiné à améliorer le cadre de vie des habitants du quartier. La Direction du Territoire et le comité de quartier du bas Fabron souhaitent, qu’en 2021, d’autres œuvres soient créées pour que tous les espaces non encore graffés dans ce tunnel le soient.

 

3 - Ambiance ta ville ! Le mur d’expression libre

Résultant d’une promesse du Maire de Nice, Christian Estrosi, faite aux jeunes, le mur d’expression libre du XVème Corps, près du Palais des Congrès Acropolis, permet aux graffeurs de s’exprimer au gré de leurs envies.
@OTMNCA / JM

L'inauguration de ce mur représente un moment historique pour l’art urbain niçois, puisque c’est la première fois que Nice accueille un mur en plein centre-ville, libre d’accès à tous les artistes désirant s’exprimer. Pour l’occasion, Debza, graffeur de Toulouse, réputé pour son style de lettre inimitable inspiré des mangas japonais, et Ernesto Novo, Niçois exilé à Paris, sont venus collaborer avec les têtes d’affiches locales (Otom, Brian Caddy, Chika, Guitou Top Gun, César M., Faben, Dzio, Wanjah, Artmakeroneright, pour produire une fresque de plus de 70m de long.

Ouvert à tous, cet espace est amené à évoluer en permanence. Les œuvres peuvent être recouvertes et remplacées par d’autres, à tout moment. Ainsi, à l’heure où nous rédigeons cet article, la fresque collective réalisée par 11 artistes de l’association "Whole Street" à qui a été confiée l’aménagement artistique de ce mur – est déjà différente de celle présentée lors de l’inauguration de ce mur, le 31 janvier 2021 (voir vidéo ci-dessous).

Quand vous aurez le loisir de passer en ces lieux, vous y découvrirez certainement autre chose que ce que j’ai pu photographier en cette fin du mois de mars 2021 (voir photos ci-contre et de couverture)… Jamais figé, toujours en mouvement, ce mur d’expression a pour but d’embellir le quartier tout en laissant la jeunesse et l’art s’exprimer ! Une réussite !

 

Focus sur Whole Street

L’association créée en 2015 par Otom et Faben, deux street artistes niçois et dédiée au développement du street art sur la Côte d’Azur. Son but est de transmettre la culture Graffiti sur ce territoire en proposant, notamment, des prestations telles que des initiations Graffiti, des fresques murales ou encore du live painting.

Pour ces deux graffeurs de talent, l'aventure a démarré lors d'un partenariat avec la Ville de Nice, désireuse d'embellir les palissades des travaux de la deuxième ligne du tramway.

Des artistes graffeurs locaux comme Sacrifice, Weal, El Fantasma, Guilaine, Brian Caddy, Otom, Faben, Moustache Bleue, Moya, Desset, Dzio, Nasica, Wolf ainsi que des artistes internationaux comme Etnik, Pleks, CIB… avaient pu exprimer leur talent sur ces supports, aujourd'hui retirés.

Depuis, les partenariats avec la mairie s'enchainent avec brio.

https://wholestreetasso.fr/

https://www.facebook.com/Whole-Street-576758269133911/

 

4 - Le pôle de cultures urbaines "Le 109"

Une véritable galerie à ciel ouvert est désormais accessible aux amateurs de street art au "109" !
@Patricia R 2020

Une partie du mur d’enceinte intérieur du "109", nouveau pôle des cultures urbaines sur 2 hectares, a été mis à disposition de 20 artistes graffeurs par la Ville de Nice. Ainsi de nombreuses créations ont pu y voir le jour rendant compte de la diversité et la richesse des artistes graffeurs Niçois : les 20 street artistes présents sur les murs du 109 : annabelle tattu – otom – francois nasica – brian caddy – antonia schmid – romain bagriot – murielle tisserand – patrick moya – julien hayot – faben – el fantasma – chika – crash – antony alberti – jeremy besset – florence fabris – 2-934 – kotek – hierro – jb

Le mur extérieur situé rue Chapel, devrait quant à lui, être inauguré en mode "expression libre" d'ici l'été 2021, dans le cadre de l’événement annuel « Eclairage Public ». Un projet de lieu dédié au street art est également actuellement en réflexion, au sein de ce même pôle. De quoi satisfaire à la fois les habitants et les artistes !

 

5 - Les regards du Tunnel Durante

Le tunnel de la gare SNCF Nice Centre a pu être mis en valeur avec un financement du conseil de territoire.
@Frantz Bouton

Sur les différentes propositions de Otom (encore lui !), c’est celle des « Regards » qui a été retenue par la Ville de Nice. D’une dimension de 220 mètres de long et 2 mètres de hauteur (soit 440m2), cette fresque est la plus grande réalisée par l’artiste à ce jour. Elle présente le portrait de 12 Niçois et Niçoises, issus de cultures et d’horizons différents.

La réalisation a embelli les murs de cet ouvrage souterrain, apportant plus d'humanité, de gaieté et de couleurs aux passants et automobilistes. "On commence par le regard d'un nouveau-né et on termine par celui de quelqu'un prèsque centenaire. Il y a un banquier, un artiste, un SDF, des inconnus et des plus connus... De vraies gens, de vrais Niçois. Le message est très simple : on est tous différents, et pourtant, on vit ensemble"... précise Otom.

Une nouvelle fois, je dis, chapeau, l'artiste !

 

6 - Le sport à l'honneur sous le tunnel du stade Allianz Riviera

La ville de Nice a souhaité profiter du passage du Tour de France en 2020 pour mettre en lumière, de manière artistique, le club de football Niçois, l’OGC Nice dont les matchs se déroulent au stade Allianz Riviera, à l'ouest de la ville.
@OTMNCA / JM

Pour cette commande de la Ville, 6 artistes sont intervenus dans le tunnel jouxtant le stade, Boulevard des Jardiniers sous le pont de l’autoroute A8 : Otom, Ernesto Novo, Chika, César, Kotek, Dzio. Le groupe Allianz a participé au financement de ces œuvres d’art. Un côté du tunnel est dédié à l’OGC Nice, l’autre gardera en héritage une trace du passage du Tour de France !

D'autres photos sont à découvrir sur le site du club niçois : https://www.ogcnice.com/fr/actualite/40420/le-gym-et-le-tour-de-france-en-peinture

 

 

7 - Les façades des Puces de Nice habillées par des artistes

En 2017, le Maire Christian Estrosi, aux côtés de son adjoint à la Culture Robert Roux, a souhaité installer des panneaux sur les façades extérieures des Puces de Nice pour permettre aux artistes d’exposer leur créativité à la vue de tous.

Du 4 avril au 1er juin 2021, découvrez ainsi l’œuvre de l’artiste Catherine Caroff au détour d’une promenade aux Puces de Nice, au Quai Lunel dans le quartier du Port (respect des gestes barrières et port du masque obligatoire).

Catherine Caroff a créé un petit personnage, "Ma petite Niçoise by Cat Caroff", marque déposée à l’INPI.  Avec son petit costume typique, ce personnage allie le côté traditionnel à la modernité du monde actuel. L’artiste l’a voulue mignonne, vive, bien dans sa ville, attachante, un peu maladroite, quelquefois naïve, mais avec de l’humour, du second degré, bref du caractère ! Petit guide fraîcheur de vivre, ambassadrice, elle va déambuler dans Nice et raconter sa vie sur des lieux emblématiques, s’impliquer dans des événements comme le Carnaval, discuter autour des spécialités culinaires comme le pan bagnat, la socca, etc. Elle partira aussi à l’aventure, en voyage…


Après le 1er juin, un autre artiste sera mis à l'honneur... Qui ? Mystère, nous ne sommes pas encore dans le secret...

 

Vous l'aurez compris. A Nice, l'art est dans les musées mais pas seulement ! L'art  s'invite aux regards des passants, l'art se démocratise. Le Street Art trouve ses lettres de noblesse et illumine le quotidien des habitants et des promeneurs. Au hasard de vos pas, vous verrez peut-être d'autres oeuvres que celles présentées dans cet article. Je pense notamment aux "Angel Wings" peintes sur le mur d'un établissement "Fit & Eat" de la rue Barralis.  Prenez-vous en selfie, les ailes d'ange dans le dos...

Je vous laisse trouver ces pépites créatives et originiales au gré de vos déambulations dans la très belle ville de Nice que j'affectionne. J'espère que vous aurez, vous aussi, plaisir à découvrir ou à redécouvrir Nice sous un angle 'Street art".

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Cet article vous est proposé par Joëlle, de l'Office de Tourisme Métropolitain Nice Côte d'Azur, en collaboration étroite avec Robert Roux, Adjoint à la Culture et de Romain Vigna, Chef de Projet DGA Culture et Patrimoine.