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Mon carnet de voyage

OFFICE DE TOURISME MÉTROPOLITAIN NICE CÔTE D'AZUR

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13 novembre 2020
Nice est une ville aux multiples facettes. J’admire encore sa capacité à combiner, harmonieusement, un nombre incalculable de genres architecturaux. Mais l'un d'eux est encore aujourd’hui au-dessus des autres, présent dans l’architecture mais aussi, et surtout dans le coeur des niçois. La Belle Epoque a façonné la ville à son image et vous trouverez, au détour de chaque coin de rue, une preuve de cette période glorieuse.

Tout commence à l’époque de la grande Jane Austen ou des soeurs Brontë. La jeunesse dorée de la haute bourgeoisie britannique s'accomplit par de longs voyages visant à parfaire son éducation, le Grand Tour. Découvrant la Côte d’Azur sur la route unissant Londres et Turin, les voyageurs remarquent son climat doux et ensoleillé, contrastant avec les hivers pluvieux et froids d’Angleterre. Le tourisme hivernal était né. La petite ville de pêcheur qu’est, alors, Nice voit son visage transformé par l’apparition de villas, palais, hôtels, tous plus richement décorés et tous plus originaux les uns que les autres. Une vraie destination à la mode pour l’aristocratie européenne est née. Et si le Négresco en est le fleuron, d’autres bâtiments valent, tout autant, le détour. Embarquez avec moi pour le Grand Tour au temps de la Belle époque !

1 - Un palais pour la Reine

insta@benjbel

Alors que de plus en plus de villas font leur apparition, la folie hôtelière est lancée. Des promoteurs investissent la colline de Cimiez pour sa vue magnifique et panoramique à 360° mêlant mer et montagne. La Reine Victoria, passant tous ses hivers à Cannes, Grasse ou Menton, tombe alors amoureuse de Nice. Mais son séjour au Grand Hôtel de Cimiez ne se passe pas selon ses souhaits. Deux promoteurs, propriétaires de terrains à Cimiez, lui lancent alors un défi : construire un hôtel pour elle, répondant à toutes ses exigences tant en termes de confort que de modernité, contre sa promesse d’en faire son lieu de résidence hivernale permanent. Et le pari est tenu quand, en 1887, deux ans plus tard seulement, l’Excelsior Régina Palace est inauguré. Ce concours de circonstance créa l’un des plus beaux palaces de la ville.

La Reine Victoria y passe trois hivers. Elle y organise de nombreuses réceptions, y invitant ses plus chères amies comme l’Impératrice Eugénie, le couple impérial Francois-Joseph et Elizabeth (plus connue sous le nom de Sissi), ou encore le roi Oscar de Suède. Un défilé de têtes couronnées, toutes conquises par la grandeur et la beauté du bâtiment.

Et l’on comprend pourquoi ! Avec une superficie de 6 260 m2 répartie sur six étages avec les combles, l’édifice dispose d’une façade de 149 mètres de long ?. Ses architectes, Sébastien-Marcel Biasini et François-Félix Gordolon, collaborent même avec un certain Gustav Eiffel pour la réalisation de la couronne qui surplombe les appartements de la Reine.

Aujourd’hui encore, on peut admirer l’accumulation de plusieurs ornements comme les placages de relief en stucs, les oriels verticaux, aussi connus sous le terme bow-window - mes préférés ! - les combles surmontés de coupole ou encore les marquises de verre. Tout ce qui caractérise l’architecture Belle Epoque y est représenté, conférant un esprit luxueux et élégant à l'Hôtel. Je n’ose imaginer qu’elle devait être l'effervescence autour de ses monarques lors de leur venue dans ce mythique Hôtel.

Après le crash de la bourse, les différentes guerres, l'hôtel a été transformé en appartements, destin que connurent bien d’autres édifices. Le bâtiment est inscrit aux Monuments historiques depuis 1992.

S’il vous reste un peu de temps après avoir admiré cette majestueuse création, profitez-en pour vous balader sur le Boulevard Cimiez entre les constructions mythiques, chacune rivalisant de charisme et de beauté, à la recherche de VOTRE coup de coeur Belle Epoque. Un vrai voyage dans le temps, on entendrait presque une valse de Johann Strauss flotter dans l’air…

2 - Un petit air d'Opéra

insta@thom.wagnum

Toute cette bourgeoisie avait de nombreux hobbies pour passer les longs mois d’hiver. L’Opéra, tout comme le théâtre, en étaient le fleuron. L’Opéra de Nice, inauguré le 7 février 1885, fut construit par François Aune, architecte officiel de Nice et élève de Gustav Eiffel (oui, encore lui, décidément, le dijonnais le plus célèbre de l’histoire a son empreinte partout à Nice), sous les conseils du non moins célèbre Charles Garnier.

L’Opéra est situé au cœur du Vieux Nice. Au détour d’une ruelle, on commence à apercevoir ses contours et, dès l’extérieur, on se rend compte du prestige du bâtiment. Il se distingue des autres opéras de l’époque par sa double façade, la principale donnant sur la rue St-François-de-Paule, la seconde face à la mer. La façade nord est composée de deux avant-corps reliés par un chemin ouvert. Le premier étage est composé des vitres cernées de piliers venant de La Turbie. Le corps central est surmonté de quatre sculptures représentant les 4 muses, et les symboles de la France et de Nice sont placés à gauche et à droite, entourés de décoration en placage de stucs. Enfin, des lanternes en fer forgé aux courbes gracieuses habillent l’entrée d’une douce lueur. En regardant cette somptueuse façade, je me sens comme transportée dans un univers empli de magie, de fêtes et de paillettes.

À l’intérieur, la salle est disposée “à l’italienne” en forme de fer à cheval, surmontée de trois niveaux de loges organisées de manière à encadrer la loge royale selon les classes sociales. L’inspiration italienne se ressent dans le rouge profond choisi pour habiller les loges, dans le majestueux lustre, ainsi que dans la splendide fresque au plafond du peintre mentonnais Emmanuel Costa. Mes yeux ne savent plus où se poser, ni où regarder devant tant de détails, de couleurs et de beauté.

Véritable lieu mondain et politique, il brille aussi par la qualité de ses opéras. De grands artistes comme Wagner, Berlioz ou encore Tchaïkovsky, pour ne citer qu’eux, s’y sont produits, pour le plus grand bonheur des aristocrates. Plus récemment encore, de grands noms ont sillonné sa scène : Luciano Pavarotti, Krystian Zimerman ou encore Georges Enesco.

3 - Le lycée château Masséna

insta@frenchypepita

Qui n’a jamais rêvé d’étudier dans un véritable château ? Un bâtiment imposant par son architecture emplie de majesté, aux décorations détaillées, aussi originales qu’uniques ? Un décor digne d’un film fantastique, et pourtant pas si imaginaire que cela. Le Lycée Masséna est un trésor de l’architecture Belle Epoque, situé au bord de la Promenade du Paillon, il est classé aux Monuments Historiques depuis 2017.

A l’origine, le bâtiment n’était autre que le Couvent des Augustins Déchaux, que la révolution transforma en Collège Central pour garçons. Il devint Lycée Impérial sous Napoléon, puis Collège Royal lors de la reprise de Nice par la Sardaigne et fut le lieu de signature du traité de Turin qui rattacha définitivement Nice à la France. Un lieu chargé d’histoire donc, qui fut rebâti selon sa forme actuelle de 1909 à 1931, date de son inauguration.

Son architecte, Henri Ebrard, se surpasse dans sa création : pierres sculptées, mosaïques, motifs colorés en céramiques, ferronneries et j’en passe. Sans compter les ouvertures et les jeux de toits, les multiples corps de bâtiments et la symétrie globale qui lui donnent un rendu aéré et élégant. Mais c’est surtout sa tour que l’on remarque et l'horloge qui la surmonte. Sur son cadran, est inscrite la devise du lycée “Horas ne numerem nisi serenas”  – « Je souhaite ne compter que les heures heureuses ». Une si jolie devise…

Le Lycée accueillit de grands personnages tels que René Cassini, un des auteurs de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, également prix Nobel de la Paix en 1968, de nombreux écrivains, l’aviateur Roland Garros, le peintre Yves Klein, et bien d’autres encore. Il me viendrait à croire que son aura bienveillante influence les destins des nombreux élèves sillonnant ses couloirs.

Nice recèle beaucoup d'autres trésors Belle Epoque, comme la villa Kotschoubey, devenue le musée des Beaux-Arts, la villa Masséna, aujourd'hui transformée en musée d’Art et d’Histoire, le Palais de Marbre, siège des archives municipales. D’autres édifices, grâce à leur position géographique, sont visibles, parfois de loin, comme le Château des Anglais, le Château de la Tour et la villa Beau Site en bas du Mont-Boron ou le Château des Baumettes. Dans le quartier de Cimiez, les villas Paradisio, Alhambra et Surany, le manoir Belgrano, mais aussi le Château Valrose (siège de l’université et de la faculté des sciences) ou encore la charmante petite villa Huovila sur la Promenade des Anglais (près du carrefour de Magnan) ou le Château Leliwa de Rohozinsky à l’entrée du vallon Barla sont encore les témoins de cette faste période. 

Et vous, quel est votre bâtiment Belle Epoque favori ?

insta@mathildehimbaut
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Cet article vous est proposé par Jennifer de l'Office de Tourisme Métropolitain Nice Côte d'Azur.