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OFFICE DE TOURISME MÉTROPOLITAIN NICE CÔTE D'AZUR

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10 août 2020

Qui n’a jamais aimé se prélasser sur la plage avec un bon livre ? Certains le préféreront thriller ou polar, quand d’autres vivront la passion d’une romance. Le livre est un incontournable de nos étés.
Le saviez-vous, la Côte d’Azur est, depuis toujours, source d’inspiration pour de nombreux auteurs, souvent très connus. Français ou étrangers, tous y ont décelé quelque chose de spécial, d’unique.

Nous vous proposons donc de partir à la découverte de tous ces lieux, recelant de magie, qui ont su inspirer les plus grands classiques de la littérature et de voir, à travers leurs yeux, une nouvelle facette de Nice Côte d’Azur.

Un lieu d’inspiration et de méditation

De tout temps, il est évident que la ville lumière a su dégager ce petit quelque chose qui a rendu sensibles les artistes et, dans notre cas, les écrivains.

“Une belle courtisane, mollement couchée au bord de son miroir d'azur, à l'ombre de ses orangers en fleurs, avec ses longs cheveux abandonnés aux brises de la mer, et dont les flots viendraient mouiller ses pieds nus, car Nice, c’est la ville de la douce paresse et des plaisirs faciles.."

(“Une année à Florence”, Alexandre Dumas, 1841)

Proche du port de Nice, bordant la vieille ville, se trouve un lieu qui domine la Promenade des Anglais. La Colline du Château est un point de vue incontournable. Mais cet écrin de verdure n’a pas encore livré tous ses secrets.

“Beaucoup de coins cachés et de hauteurs silencieuses dans le paysage de Nice ont été sacrifiés pour moi par des moments inoubliables”

(Ecco Homo, Friedrich Nietzsche, Mercure de France, 1909).

De nombreux auteurs s’y sont succédés, comme si ce lieu avait quelque chose de magique et attirait les amoureux des mots, comme si leur sensibilité en faisait ressortir toute la profondeur. Le philosophe et auteur Friedrich Nietzsche y passait de longues heures à admirer la ville, les lumières, l’eau, si bien qu’aujourd’hui, la terrasse la plus haute de la colline du château porte son nom. Comme si l’écho de ses pensées flottait encore dans l’air, imprégnant les pierres de leur profondeur. Louis Nucéra, auteur niçois de l’Avenue des diables bleus (1979), trouva également en ces lieux quelque chose de fort : “Mourir pour mourir, c’est en regardant Nice depuis la Colline du Château, le cimetière tout à côté, que je voudrais m’en aller”.

De là-haut, il est possible d’admirer deux points de vue vraiment différents. Du côté est, vous découvrirez de magnifiques maison génoises aux couleurs vives ocre, jaune ou rouge, etc. Vous pourrez témoigner du contraste saisissant avec le bleu turquoise de l’eau. Le port de Nice est, vous l’aurez compris, un lieu de vie depuis de nombreuses années. JMG Le Clézio, niçois pur souche, y ayant grandi, est resté marqué par ce climat bourdonnant : “Sur le port flottait un nuage d’odeurs exquises qui faisaient battre le cœur de tout jeune garçon rêvant d’aventure” ("Préfaces", 1860-1960, Nice - cent ans”, JMG Le Clézio, édition Giletta, 1997). L’auteur s’en inspirera clairement pour son œuvre “Le procès-verbal” (Gallimard, 1963).

De l’autre côté, à l’ouest, vous vous perdrez dans la contemplation des toits de tuiles orangés du “Vieux”, comme l’appellent les niçois, entouré par le bandeau vert de la Promenade du Paillon. Guillaume Apollinaire en fut un admirateur : “Quelle magie, le Vieux-Nice, ses maisons génoises et le marché au bord du Paillon... Tenez, cela me donne la nostalgie."  (Lettres à Madeleine, Guillaume Apollinaire, 1er août 1915).

Enfin, si vous préférez vous perdre encore plus dans la sérénité, pourquoi ne pas explorer le chemin Nietzsche menant à Eze ? L’écrivain allemand a passé des heures entières à écumer ce petit sentier surplombant la mer, à s’arrêter pour écrire et prendre des notes, et l’on raconte que c’est là qu’il aurait trouvé l’inspiration pour “Des vieilles et des nouvelles tables”. Il l’évoquera d’ailleurs dans son roman Ecco Homo.

Durant votre visite de Nice Côte d’Azur, vous pourrez sûrement ressentir une ambiance, un petit quelque chose de bien particulier, que vous ne retrouverez qu’ici. Grégoire Laroque le décrit comme “une sorte de nonchalance et de chaleur” que dégagent les gens, et qu’il a voulu transcrire dans son premier livre, Zilwa. Alors, avez-vous, vous aussi, remarqué ce petit plus, unique chez les habitants ? N’hésitez pas à vous mélanger à la population afin de vous rendre compte par vous-même de l’authenticité des Azuréens.

Des lieux de vie

Si de nombreux auteurs ont traversé Nice, beaucoup ont décidé d’y rester, sans compter ceux qui ont vu le jour sur le territoire. Ainsi, de nombreux lieux ont marqué le quotidien de ces magiciens des mots.

Le plus important d’entre eux est le Lycée Masséna, classé au patrimoine des Monuments Historiques. Bordant la Promenade du Paillon, il remplit la tête des jeunes gens, depuis près de 400 ans, d’un savoir qui aurait, si l’on en constate les résultats, le pouvoir de les transformer en auteur accompli : Jean d'Ormesson, Joseph Kessel, Michel DéonGuillaume Apollinaire, Romain Gary (lituanien), Grégoire Laroque (niçois), ou encore Valentin Musso (le petit frère de Guillaume Musso, antibois), Daniel Pennac, Joann Sfar. Vous ne pourrez qu’admirer la magnificence de ce lieu, ressemblant presque à un château… Et l’on en comprend presque comment leur imagination est devenue si fertile…

De façon plus individuelle, d’autres lieux ont marqué (ou été marqué…) par les écrivains. C’est notamment le cas du théâtre National. Didier Van Cauwelaert se découvre un talent pour le théâtre lors de ses études au lycée Mésséna. Il jouera sur scène Huis clos, de Jean-Paul Sartre. Petite anecdote, le jeune étudiant n’avait pas pensé à demander l’autorisation pour reproduire une pièce d’un autre auteur, si bien qu’on lui refusa le droit de se produire. Il écrivit alors au principal intéressé qui lui accorda avec grand plaisir. Après sa représentation, il reçut une lettre de Sartre le félicitant pour son jeu qui avait su faire ressortir l’humour qu’il avait écrit à l’origine.

Autre lieu d’importance primordiale pour l’un nos auteurs, la villa Santo Sospir à Saint-Jean-Cap-Ferrat, où séjourna l'écrivain et peintre Jean Cocteau. Cette villa a influencé le courant artistique de l’auteur, qui a bien su lui rendre la pareille : "Il ne fallait pas habiller les murs, déclara-t-il deux ans plus tard, il fallait dessiner sur leur peau. C'est pourquoi j'ai traité les fresques linéairement, avec le peu de couleurs qui rehaussent les tatouages. Santo Sospir est une villa tatouée." (Villa 1952).  La villa est inscrite depuis 1985 à l’inventaire des Monuments Historiques.

Elle est en cours de restauration, mais ouvrira ses portes courant 2021.

Dirigeons nous maintenant vers Cagnes-sur-Mer, ville importante pour Georges Simenon. Au 98 montée de la Bourgade (dans le Haut de Cagnes) se trouve “la maison du bonheur” comme il l’appelait. On retrouve encore des indices de son passage, mais surtout de son amour pour sa femme : les lettres S et D entrelacées sur la rampe en fer forgé (S de Simenon et D de Denyse, son épouse). (Livre autobiographique “Quand j’étais vieux”, Presse de la Cité, 1970).

Du réel à l’imaginaire

Comme on pouvait se l’imaginer, ces lieux, ayant bercé les écrivains, ayant marqué leur vie, se sont retrouvés dans leur roman.

La Place Garibaldi est un lieu important de la trilogie Baie des Anges de Max Gallo. Il s’agit du lieu de la première rencontre avec la ville des frères Revelli, les trois personnages du roman. "La Place était carrée, rude comme le climat du Piémont, semblable avec les arcades, les bâtiments symétriques, aux façades nobles décorés de colonnes et de frontons classiques, aux places de Cuneo ou de Turin. (...) Pourtant malgré les façades grises, comme le ciel piémontais et l'architecture, la place était méditerranéenne par son animation, les couleurs des toits, les voix, l'éclat de la lumière" (1975-1976). Au milieu de cette grande place, se trouve la statue de Garibaldi, lieu de rendez-vous des employés en recherche de travail. Ici, les employeurs venaient sélectionner les personnes dont ils avaient besoin pour la journée. "Carlo, Luigi et moi. On s'asseyait sur la place Garibaldi, on attendait l'embauche, et si quelqu'un venait, on avait du travail". Cela reflète parfaitement une caractéristique sociale de l'époque. En attendant l’embauche, les trois frères se rendaient au Café de Turin, lieu de rassemblement mythique de la place "Il entrait au café de turin. L'odeur de sciure humide et de tabac, la musique, les voix des garçons, peu de choses avaient changé."

Le marché aux fleurs est un lieu incontournable de Nice, situé dans le cours Saleya. Dans son roman La Fuite de Mr Monde (La jeune Parque, 1945), Georges Simenon traite de la recherche de soi à travers le personnage de Norbert Monde ayant tout quitté à 48 ans. “Il traversa le marché aux fleurs, où l’on balayait des brassées de tiges et de boutons, de pétales fanés qui prenaient une odeur de Toussaint”. Prenez donc le temps de flâner entre les étales, laissez vous porter par les odeurs de fleurs, peut-être ressentirez-vous le même émoi que Mr Monde.

Passons maintenant à un lieu empreint de poésie. Tout comme les carrousels, ne trouvez-vous pas les kiosques à musiques dégagent quelque chose de… magique ? C’est sûrement ce qu’a dû penser Louis Nucéra lorsqu’il a écrit son roman “Kiosque à musique” (1984) en hommage au célèbre monument du jardin Albert 1er. Il en fera le lieu de rencontre de ses deux personnages, Jean et Mireille, mais surtout le symbole de leur amour. Entendez-vous le doux bruit d’une musique flotter dans l’air ? Vous pourrez profiter de cette découverte pour vous balader dans le jardin afin d’admirer fontaines, plantes et statues.

La nature a beaucoup inspiré nos auteurs, et quoi de plus “nature” en plein centre-ville qu’un parc ? Allons, prenez un journal et allez vous asseoir sur l’un des bancs du jardin Alsace-Lorraine. Prenez le temps d’écouter les oiseaux chanter, le bruit des feuilles effleurées par le vents, l’odeur des fleurs flottant dans l’air… Mais oui, vous êtes bien en ville, sur les traces de Jean, le personnage principal du roman de Patrick Modiano, Dimanche d’août (Gallimard, 1986). Lui et sa compagne Sylvia venaient lire leur journal sur le banc proche de balançoires avant d’aller se promener à Cimiez.

“J'aime cet endroit à cause des pins parasol et des immeubles qui se découpent si nets dans le ciel.”

Enfin, les pages nous portent à la découverte du mythique hôtel Negresco, surplombant la Promenade des Anglais.

Son histoire est racontée dans Nice, la vision intime d'un écrivain (1979) de Raoul Mille. Il apparaît aussi dans Les Amants du Paradis (1987), du même auteur, où son héros, Edoardo, vivra une histoire d'amour avec Gloria, sur fond d'occupation à Nice. Pourquoi ne pas prendre un instant pour admirer cette magnifique façade, ce joyau de la Belle-Epoque ? Puis, retournez-vous, et laissez-vous submerger par la beauté de la Promenade des Anglais. Nous allons vous confier un secret. Vous ne trouverez jamais la même lumière sur la promenade, tantôt vivace et éclatante, elle peut devenir rosée, voir même violette. Mais chut ! Ce lieu empreint de magie se savoure, car jamais plus vous ne verrez quelque chose d’aussi beau et poétique…

Partons maintenant pour Villefranche-sur-Mer, à la découverte d’un lieu mythique du roman la Délicatesse de David Foenkinos, gagnant du prix Goncourt des Lycéens en 2014. Charlotte, le personnage principal du livre, mi-allemande, mi-juive, trouve refuge dans la villa de l'Ermitage pendant la Seconde Guerre mondiale. Arpentez les ruelles étroites de la cité, déambulez le long du bord de mer, émerveillez-vous devant les façades colorées des maisons collées les unes aux autres. Profitez, vous êtes ici dans une des plus belles rades du monde !

Quand Nice Côte d’Azur rend hommage à ses écrivains

Avenue Guy de Maupassant, rue Alexandre Dumas, Bibliothèque Romain Gary ou Louis Nucéra, nombre d’auteurs ont laissé leur empreinte dans les villes de la Métropole. Nous vous mettons au défi de trouver tous les lieux rendant hommage à ces artistes littéraires.

Mais arrêtons-nous un instant à Vence, village médiéval au charme sans pareil, pour une dernière étape. Là, se trouve la villa Alexandrine, où vécu l’écrivain Polonais Witold Gombrowicz de 1964 à 1969. Dans ses appartements, se trouve aujourd'hui un musée  dédié à l’auteur. En partant et sans sortir de ce magnifique édifice, faites une halte au bureau d'information touristique qui vous délivrera toutes les clés pour visiter la ville.

Découvrez encore plus de lieux grâce à la carte ci-dessous. Partez au fil de vos envies explorer le passé des écrivains niçois, ou de ceux dont le coeur s’est indéniablement lié à cette terre.

Le Saviez-vous ?

Vous aimez les livres et les histoires ? Chaque année, Nice accueille :

 

Cet article vous est proposé par Jennifer de l'Office de Tourisme Métropolitain Nice Côte d'Azur.
Crédits Photos : OTM NCA, Ville de Nice, Ville de Vence, Instagram @davimenego_worldventurer, @ilbrozyna, @vvillig, @bergamote1ere et @trassin, Facebook @Côtedazurfrance @Christianestrosi, Hotel Ibis, wikimapia.org, missmoss.co.za, challenges.fr, @philippe_m_m, @jolewasia, @aurelioludovico, surlestracesdechar.wixsite.com